Il existe une catégorie d’êtres humains que Jacques Bergier, malgré son QI de 160, prétendait ne jamais pouvoir atteindre et qu’il qualifiait d’hommes après l’homme.

Jacques Bergier

Nous avons tous une petite idée de ce que pourrait être cet « homme après l’homme » notamment si l’on se penche quelques minutes par exemple, sur le cas de Nikola Tesla.

Nikola Tesla

Tesla pensait entièrement le projet dans son cerveau, le visualisait dans toute sa complexité, et ensuite l’assemblait d’après la vision de son esprit. Thomas Edison prétendait même que l’habilité de Tesla, pour construire quelque chose d’après des schémas dans son esprit, n’était pas naturelle.

Un autre cas que nous avons déjà abordé ici est celui de Grigori Perelman, le premier à avoir résolu la conjecture d’Henri Poincaré (autre homme après l’homme). Conjecture qui se résumait en cette « simple » phrase :

« Considérons une variété compacte V à trois dimensions sans bord. Est-il possible que le groupe fondamental de V soit trivial bien que V ne soit pas homéomorphe à une sphère de dimension 3 ? »

Grigori Perelman

Totalement reclus encore aujourd’hui, personne ne sait quand Perelman daignera de nouveau nous honorer d’un défi une nouvelle fois relevé et de prix une nouvelle fois refusés

Grigori Perelman probablement lui-même bien inférieur au très méconnu Alexandre Grothendieck, l’un des pères fondateur de la géométrie algébrique et lui aussi véritable Hermite méprisant toute reconnaissance et refusant tout contact avec « le monde réel ».

grothendieck en 1988

Ce génie a créé des objets mathématiques qui aujourd’hui encore trouvent des débouchés imprévisibles. Précisons par exemple que le théorème de Fermat, récemment démontré par l’Anglais Wiles, n’aurait pas pu l’être sans la géométrie arithmétique (sous-produit de la géométrie algébrique). Bien d’autres problèmes intervenant dans notre vie de tous les jours font appel à ses mathématiques, comme le codage des voix. La physique elle-même fait de plus en plus appel à la géométrie algébrique pour tenter de résoudre les grandes énigmes de notre Univers.

Depuis son île ariégeoise, Alexandre Grothendieck voudrait tout envoyer au pilon. La communauté des mathématiciens entend passer outre et garde le secret du lieu où se trouvent les cinq cartons, dont un de couches Pampers, qui contiennent sa correspondance et ses travaux. Pour Michel Demazure, il faudra une cinquantaine d’années, peut-être plus, pour prendre la mesure de ce qui dort quelque part au centre de Montpellier.

Finalement, pour reprendre le constat d’un compagnon de l’IHES, David Ruelle, « Grothendieck n’était rien… » Ni ex- de Normale Sup ni ancien de l’école Polytechnique, juste ancien du Rieucros, il est redevenu une poussière de l’histoire, reclus et oublié quelque part dans les contreforts des Pyrénées, il regarde l’herbe prise dans l’épais goudron. Peut-être a-t-il trouvé l’équation angulaire. Nul ne le sait et lui a peut-être mis le feu à sa découverte.

Si l’homme après l’homme commence à prendre forme sous les traits d’un être doué d’une faculté de mettre en éveille son cerveau à des niveaux tels que rien ne lui semble impossible, il faut tout de même avouer que cette fâcheuse tendance qu’il a à vouloir se protéger de notre monde en s’enfermant dans le sien, ne laisse que peu de doute quand à la petitesse de l’espoir qu’il nourrit de voir une jour le sort de l’humanité prendre les chemins de la vérité.

Une petitesse de l’espoir qui ira même jusque au suicide (par non assistance sur sa propre personne) d’Edgar Cayce, assurément le plus fantastique et énigmatique des « hommes après l’homme ».

Edgar Cayce

Voici son histoire telle que vous pourrez la trouver dans le livre de Louis Pauwels et Jacques Bergier  « le matin des magiciens« .

« Edgar Cayce est mort le 5 janvier 1945, se refermant sur un secret qu’il n’avait lui-même jamais percé et qui l’avait effrayé toute sa vie. La fondation Edgar Cayce à Virginia Beach, où s’emploient des médecins et des psychologues, poursuit l’analyse des dossiers. Depuis 1958, les études sur la clairvoyance disposent en Amérique de crédits importants. C’est que l’on songe aux services que pourraient rendre, dans le domaine militaire, des hommes capables de télépathie et de précognition.

De tous les cas de clairvoyance, celui de Cayce est le plus pur, le plus évident, et le plus extraordinaire. Le petit Edgar Cayce était très malade. Le médecin de campagne était à son chevet. Il n’y avait rien à faire pour tirer le garçonnet hors du coma. Or, brusquement, la voix d’Edgar s’éleva, claire et tranquille. Et pourtant, il dormait.

« Je vais vous dire ce que j’ai. J’ai reçu un coup de balle de base-ball sur la colonne vertébrale. Il faut me faire un cataplasme spécial et me l’appliquer à la base du cou. »

De la même voix, le garçonnet dicta la liste des plantes qu’il fallait mélanger et préparer. « Dépêchez-vous, sinon le cerveau risque d’être atteint. »

À tout hasard, on obéit. Le soir, la fièvre était tombée. Le lendemain, Edgar se levait, frais comme l’œillet. Il ne se souvenait de rien. Il ignorait la plupart des plantes qu’il avait citées.

Ainsi commence l’une des histoires les plus étonnantes de la médecine. Cayce, paysan du Kentucky, parfaitement ignorant, peu enclin à user de son don, se désolant sans cesse de n’être pas « comme tout le monde », soignera et guérira, en état de sommeil hypnotique, plus de quinze mille malades, dûment homologués.

Ouvrier agricole dans la ferme d’un de ses oncles, puis commis dans une librairie de Hopkinsville, propriétaire enfin d’un petit magasin de photographie où il entend passer paisiblement ses jours, c’est contre son gré qu’il va jouer les thaumaturges. Son ami d’enfance, Al Layne, et sa fiancée Gertrude useront leurs forces à le contraindre. Nullement par ambition, mais parce qu’il n’a pas le droit de garder son pouvoir pour lui seul, de refuser d’aider les affligés.

Al Layne est malingre, toujours souffrant. Il se traîne. Cayce accepte de s’endormir : il décrit les maux de base, dicte des remèdes. Quand il se réveille : « Mais ce n’est pas possible, je ne connais pas la moitié des mots que tu as notés. Ne prends pas ces drogues, c’est dangereux ! Je n’y entends rien, tout cela est de la magie ! » Il refuse de revoir Al, s’enferme dans son magasin de photos. Huit jours après, Al force sa porte : il ne s’est jamais si bien porté. La petite ville s’enfièvre, chacun demande une consultation. « Ce n’est pas parce que je parle en dormant que je vais me mettre à soigner les gens. » Il finit par accepter. À condition de ne pas voir les patients, de crainte que, les connaissant, son jugement soit influencé. À condition que des médecins assistent aux séances. À condition de ne pas recevoir un sou, ni même le plus mince cadeau.

Les diagnostics et les ordonnances faits en état d’hypnose sont d’une telle précision et d’une telle acuité, que les médecins sont persuadés qu’il s’agit d’un confrère camouflé en guérisseur. Il se limite à deux séances par jour. Ce n’est pas qu’il redoute la fatigue : il sort de ces sommeils très reposé. Mais il tient à rester photographe. Il ne cherche absolument pas à acquérir des connaissances médicales. Il ne lit rien, demeure un enfant de paysans, doté d’un vague certificat d’études. Et il continue à s’insurger contre son étrange faculté. Mais dès qu’il décide de renoncer à l’employer, il devient aphone. Un magnat des chemins de fer américains, James Andrews, vient le consulter. Il lui prescrit, en état d’hypnose, une série de drogues, dont une certaine eau d’orvale. Ce remède est introuvable. Andrews fait publier des annonces

dans les revues médicales, sans résultat. Au cours d’une autre séance, Cayce dicte la composition de cette eau, extrêmement complexe. Or, Andrews reçoit une réponse d’un jeune médecin parisien : c’est le père de ce Français, également médecin, qui avait mis au point l’eau d’orvale, mais en avait cessé l’exploitation cinquante ans plus tôt. La composition est identique à celle « rêvée » par le petit photographe.

Le secrétaire local du Syndicat des Médecins, John Blackburn, se passionne pour le cas Cayce. Il réunit un comité de trois membres, qui assiste à toutes les séances, avec stupéfaction. Le Syndicat Général Américain reconnaît les facultés de Cayce, et l’autorise officiellement à donner des « consultations psychiques ».

Cayce s’est marié. Il a un fils de huit ans, Hugh Lynn. L’enfant, en jouant avec des allumettes, fait exploser un stock de magnésium. Les spécialistes concluent à la cécité totale prochaine et proposent l’ablation d’un œil. Avec terreur, Cayce se livre à une séance de sommeil. Plongé dans l’hypnose, il s’élève contre l’ablation et préconise quinze jours d’application de pansements imbibés d’acide tannique. C’est une folie pour les spécialistes. Et Cayce, en proie aux pires tourments, n’ose désobéir à ses voix. Quinze jours après, Hugh Lynn est guéri.

Un jour, après une consultation, il demeure endormi, et dicte coup sur coup quatre consultations, très précises. On ne sait à qui elles peuvent s’appliquer : elles ont quarante huit heures d’avance sur les quatre malades qui vont se présenter.

Au cours d’une séance, il prescrit un médicament qu’il nomme Codiron, et indique l’adresse du laboratoire, à Chicago. On téléphone : « Comment pouvez-vous avoir entendu parler du Codiron ? Il n’est pas encore en vente. Nous venons de mettre au point la formule et de trouver le nom. »

Cayce, atteint d’une maladie incurable qu’il était seul à connaître, meurt au jour et à l’heure qu’il avait fixés : « Le cinq au soir, je serai définitivement guéri. » Guéri d’être « quelque chose d’autre ».

Interrogé en état de sommeil sur la façon de procéder, il avait déclaré (pour ne se souvenir de rien au réveil, comme d’habitude) qu’il était en mesure d’entrer en contact avec n’importe quel cerveau humain vivant et d’utiliser les informations contenues dans ce cerveau, ou ces cerveaux, pour le diagnostic et le traitement des cas qu’on lui présentait. C’était peut-être une intelligence différente, qui s’animait alors en Cayce, et utilisait toutes les connaissances circulant dans l’humanité, comme on utilise une bibliothèque, mais quasi instantanément, ou tout au moins à la vitesse de la lumière et de l’électromagnétique. Mais rien ne nous permet d’expliquer le cas d’Edgar Cayce, de cette façon ou d’une autre. Tout ce que l’on sait fermement, c’est qu’un photographe de bourgade, sans curiosité ni culture, pouvait, à volonté, se mettre dans un état où son esprit fonctionnait comme celui d’un médecin de génie, ou plutôt comme tous les esprits de tous les médecins à la fois. »

Maintenant revenons à Jacques Bergier et sa notion d’ « homme après l’homme ».

Cela signifierait donc en quelques sortes que, de Tesla à Cayce, nous soyons bien en présence d’hommes en avance sur les hommes que nous sommes et que notre descendance s’approchera inexorablement à plus ou moins long terme d’un stade d’éveil mental semblable à celui d’un Grothendieck ?

Je serai même tenté de rajouter qu’il existe un bien trop grand nombre de contes et légendes fantastiques où l’on nous relate les exploits de femmes et d’hommes hors du commun pour ne pas affirmer que le stade de l’homme après l’homme est autant un stade à atteindre dans le futur qu’un stade « momentanément » perdu par le passé, sommeillant (certes très profondément…) en chacun de nous depuis les origines ne demandant qu’à s’exprimer à nouveau et nous permettre ainsi de ne faire plus qu’un avec le reste de l’humanité et probablement bien plus encore….

Stef2892 pour les moutons enragés.

Sources :

http://www.onnouscachetout.com/themes/technologie/tesla2.php

http://tempsreel.nouvelobs.com/societe/20110430.OBS2144/grigori-perelman-l-homme-qui-refuse-un-million.html

http://cedricvillani.org/wp-content/uploads/2012/10/perelman.pdf

http://www.liberation.fr/sciences/2012/07/01/le-tresor-oublie-du-genie-des-maths_830399

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